Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/27

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Champlain des nouveaux desseins qu’il avait formés. Celui-ci, qui avait maintenant une juste idée de la position des lieux et des avantages qu’on pouvait y trouver, lui conseilla cette fois « de s’aller loger dans le grand fleuve Saint-Laurent, où le commerce et trafic pouvaient faire beaucoup mieux qu’en l’Acadie, mal aisée à conserver à cause du nombre infini de ses ports, qui ne se pouvaient garder que par de grandes forces ; joint qu’il y a peu de sauvages, et que l’on ne pourrait, de ce côté, pénétrer jusque parmi les nations sédentaires qui sont dans l’intérieur du pays, comme on pourrait faire par le Saint-Laurent. »

M. de Monts, reconnaissant la sagesse de cet avis, suivit le parti que lui proposait Champlain. Le privilège exclusif de la traite lui fut accordé de nouveau, quoique pour un an seulement, et, au printemps de 1608, il équipa deux vaisseaux. Pont-Gravé, « député pour les négociations avec les sauvages du pays, prit les devants pour aller à Tadoussac ; Champlain, que M. de Monts honora de sa lieutenance, partit après lui avec toutes les choses nécessaires à une habitation. »

Champlain arriva à Québec le 3 juillet ; « où étant, dit-il, je cherchai lieu propre pour notre habitation ; mais je n’en pus trouver de plus commode, ni de mieux situé, que la pointe de Québec[1], ainsi appelé des sauvages, laquelle était remplie de noyers. »

  1. L’auteur de l’Hist. de la Colonie française en Canada, tome I, p. 125 et suivantes, prétend que « Champlain se fût probablement établi à Montréal en 1608, s’il en eût connu alors les avantages. » — Sans doute, Champlain ne pouvait connaître à fond dès cette époque, tous les avantages et la richesse naturelle de Montréal, ou du Grand-Saut,