Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/37

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dit-il, fort particulièrement le pays ; mais en tout ce que je vis, je ne trouvai point de lieu plus propre, qu’un petit endroit qui est jusques où les barques et chaloupes peuvent monter aisément, néanmoins avec un grand vent, ou à la cirque, à cause du grand courant d’eau ; car, plus haut que le dit lieu (qu’avons nommé la Place-Royale), y a quantité de petits rochers, et basses qui sont fort dangereuses… Ayant donc reconnu fort particulièrement et trouvé ce lieu un des plus beaux qui fût en cette rivière, je fis aussitôt couper et défricher le bois de la dite Place-Royale, pour la rendre unie et prête à y bâtir. »

Sans paraître regretter sa fondation première, Champlain prévoyait le moment où il deviendrait nécessaire d’établir de nouvelles habitations ; et, en désignant d’avance l’emplacement de la florissante ville de Montréal, il ne montra pas moins de sagesse et de hauteur de vue que dans son premier choix. Malheureusement, l’état de dénuement dans lequel on le laissa pendant plus de vingt ans, ne lui permit pas de réaliser toute la grandeur de ses projets.

L’affection et la confiance que lui témoignèrent, cette année, tous les sauvages qui vinrent à la traite, est une preuve frappante que la conduite qu’il avait tenue, était en effet le vrai moyen de s’attacher ces nations, et par suite de les amener insensiblement à la connaissance de l’évangile, et à la lumière de la civilisation.

Aussitôt arrivé en France, Champlain se hâta d’aller trouver M. de Monts, pour lui faire con-