Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/42

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aux pieds de Champlain, et demanda son pardon. « Ainsi transporté de colère, dit l’auteur, je le fis retirer, ne le pouvant plus endurer devant moi. » Les Algonquins voulaient absolument en faire bonne justice, et, si Champlain ne leur eût défendu de lui faire aucun mal, ils l’eussent infailliblement mis en pièces.

Cette expédition, quoique manquée dans son objet principal, eut néanmoins un excellent résultat. Tous ces peuples, l’année précédente, avaient été si mécontents des traiteurs, qu’ils avaient pris la résolution de ne plus descendre ; et il fallut tout l’ascendant que Champlain avait sur eux pour les ramener à de meilleures dispositions.

De retour en France, Champlain s’occupa de mener à bonne fin les négociations qui n’avaient pu se terminer avant le départ des vaisseaux, et réussit enfin à former une puissante compagnie, qui devait se composer des marchands de Saint-Malo, de Rouen et de la Rochelle ; mais les Rochelois furent si longtemps à accepter les conditions, qu’on les laissa de côté ; les Normands et les Bretons « prirent l’a£Faire moitié par moitié. »

A peine cette société des marchands était-elle formée, que quelques malouins incommodes, fâchés de ne s’être pas présentés à temps, et ne pouvant contester les droits de la compagnie, eurent l’adresse de faire insérer « au cahier général des états » un article demandant que la traite fût libre pour toute la province. Champlain, voyant encore sur le point d’échouer un projet qui semblait promettre un meilleur avenir à sa chère colonie, alla trouver