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APPLIQUÉE À L’AGRICULTURE.

constante et égale sans être nuisible ; les organes du végétal sont excités par ce sel sans en être irrités ou corrodés, tandis que lorsque les sels sont très-solubles, l’eau s’en sature et les charie en abondance dans le végétal, où ils produisent les plus grands dégâts.

La plupart des sels qu’on retrouve dans la plante ne lui servent point d’aliment ; ils ne lui sont utiles, en général, qu’en stimulant ses organes et en facilitant ses digestions : les animaux qui jouissent de la faculté locomotive se procurent aisément les sels, les stimulans, et tout ce qui est utile à leurs fonctions ; ils ne les prennent qu’à des doses et dans des proportions convenables ; mais la plante n’a pour intermédiaire que l’air et l’eau, et ce dernier liquide lui transmet sans discernement tout ce qu’il peut dissoudre dans la terre : d’où il suit que les meilleurs de tous les engrais salins sont ceux qu’elle ne peut dissoudre que peu-à-peu.

Ce principe est applicable à tous les engrais, quelle qu’en soit la nature.

Il y a néanmoins cette différence entre les engrais purement nutritifs et les engrais sa-