Page:Chaptal - Chimie appliquée à l’agriculture, Tome 1.djvu/311

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
245
APPLIQUÉE À L’AGRICULTURE.

dante, elle reste stagnante et pourrit les racines.

Le sol argileux est peu favorable au labourage : lorsque les froids en ont lié toutes les parties, en glaçant dans leurs intervalles l’eau qui s’y trouve, le dégel délite la terre, la divise en molécules, et les racines des plantes ont si peu de cohésion avec elle, qu’on peut les arracher sans éprouver de la résistance ; elles s’y trouvent dans l’état d’un végétal nouvellement planté, qui a besoin de s’établir, de se fixer et de se lier avec le sol, pour pouvoir végéter. Si, dans cet état, la racine est saisie par une nouvelle gelée, elle meurt, parce que, n’étant plus défendue par son intime adhérence avec le terrain, le froid agit sur elle comme si elle était à la surface sans défense : c’est ce qui fait que l’alternative des gelées et des dégels est plus nuisible aux céréales et aux prairies artificielles que des froids plus violens, qui se prolongeraient jusqu’au printemps. C’est pour cela que j’ai proposé de tasser les terres par le rouleau après le premier dégel, pour éviter les résultats funestes d’une seconde gelée.