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FONTILE

C’était, en 1822, le poste avancé d’une compagnie forestière. Devenue une ville industrielle de seconde importance, sa configuration géographique n’a pas changé. Elle présente tous les caractères des villes construites sans préméditation. Le gros des habitations s’étend sur la rive gauche, derrière la ligne des usines qui bordent la rivière, entre les deux ponts. Les hôtels particuliers, dont quelques-uns naguère étaient très beaux, mutilés de leurs parcs, souillés par la suie des usines et du chemin de fer, ont été désertés par leurs anciens propriétaires qui ont ouvert un quartier neuf en aval de la ville. Seules, sur la rive gauche, la rue Principale et la rue de l’Hôtel-de-Ville présentent des fronts unis et un semblant de régularité. Près du pont, le théâtre, les salles de billard, les cafés et les tavernes s’entassent dans un tronçon de rue très court et très animé. Au centre de ce quartier se dresse un vieil immeuble de pierre grise, l’hôtel de ville, flanqué d’un beffroi et entouré de longues et basses maisons ocres qui abritent le bureau de poste, le Palais et tout ce que Fontile compte de profes-