Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/51

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CHAPITRE V


À la maison, j’avais toutes sortes de soucis. Mon père, sans doute rebuté par mon caractère renfermé et sauvage, ne s’occupait pas de moi. Cette situation me laissait dépendant de la générosité de ma belle-mère, qui avait la prétention ostensible de remplacer ma mère. Entre nous régnait à l’année longue un état de trêve armée. Elle avait une conception spartiate de l’éducation. Selon elle, un garçon ne devait pas avoir trop d’argent à dépenser et il devait rendre un compte exact de ses moindres débours.

Craignant que je fasse des réserves, elle cessait périodiquement de me donner l’argent qui me revenait. Quand je réclamais pour une dépense nécessaire, elle me répondait : « Prends ton argent et je te rembourserai ». Il est vrai qu’à force de privations je parvenais à faire des économies ; j’utilisais mes économies, mais au