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LES DÉMONIAQUES DANS L’ART.

Dans le tableau peint quelques années plus tard (1235) par Bonaventure Berlingheri, on trouve parmi les vignettes qui entourent le portrait du saint une scène analogue. Mais ici les personnages possédés sont au nombre de trois, un homme et deux femmes. La scène se passe toujours auprès du tombeau de saint François. L’homme possédé parait en proie à une assez vive agitation. Il écarte les jambes et lève les bras. De sa bouche ouverte s’échappe un nuage de vapeur. Les deux femmes sont beaucoup plus calmes. Nues jusqu’à la ceinture, les mamelles pendantes et les cheveux dénoués, elles se tiennent debout. Leurs poignets croisés sont liés par une corde. Elles renversent la tête, et leur bouche ouverte laisse échapper un diablotin. Un seul aide pose la main sur un des avant-bras d’une possédée.


SAINT MARTIN GUÉRIT UN POSSÉDÉ
Bas-relief. Cathédrale de Lucques (première moitié du XIIIe siècle)

Nous trouvons dans un article de M. Corrado Ricci (Fanfulla della Domenica, Rome, 25 oct. 1885) l’indication de ce spécimen, accompagnée de la description suivante :

Bas-relief de la cathédrale de Lucques, au-dessous duquel est gravé : « Dœmone vexatum salvas, Martine Beate. » À gauche se trouve le saint avec la croix pastorale dans une main. L’autre main, aujourd’hui brisée, s’élevait certainement dans un geste de bénédiction. Derrière lui sont deux clercs et en avant d’eux le démoniaque. Celui-ci tient la jambe gauche pliée, tandis que les autres figures se tiennent parfaitement droites, mais c’est la seule différence qui le distingue, et vraiment on hésiterait à le croire possédé du démon, si, en outre de l’inscription, un petit démon ailé et armé de griffes qui lui piquent la tête ne montrait l’intention de l’artiste.

La cathédrale de Modène possède également un vieux bas-relief représentant une scène analogue. Nous en trouvons l’indication dans le livre de Ch. Cahier (Caractéristiques des Saints, art. Possédés) : « Saint Géminien, évêque de Modène, dit cet auteur, fut appelé à Constantinople pour délivrer la fille de l’empereur Jovien tourmentée par le malin esprit. Un vieux bas-relief encastré dans la muraille de la cathédrale de Modène retrace ce fait avec l’inscription que voici :

Principis hic natam dat, pulso Dœmone, sanam ».