Page:Charles Blanc-Grammaire des arts du dessin, (1889).djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
74
GRAMMAIRE DES ARTS DU DESSIN.


marquant ainsi la place que chaque partie occupera dans la construction. Que si le bâtiment a plus d’un étage, la disposition particulière de chaque étage est dessinée dans un plan particulier. Les Grecs avaient ingénieusement comparé le plan d’un édifice à l’empreinte que laisse par terre le pied d’un homme. Aussi appelaient-ils le plan ichnographie, du mot ίχνος qui signifie l’empreinte du pied.

La Coupe, qui dans les vieux livres s’appelle aussi profil, est le dessin qui figure l’édifice tel qu’il s’offre à notre pensée quand nous l’imaginons coupé, scié verticalement, soit dans le sens de sa façade principale, soit parallèlement à ses côtés. En d’autres termes, la coupe représente le bâtiment connue si l’architecte, pour nous en montrer l’intérieur, avait enlevé une des façades. La coupe est dite transversale lorsqu’on suppose l’édifice coupé suivant la ligne qui en mesure la largeur ; la coupe est dite longitudinale lorsqu’on suppose l’édifice coupé suivant la ligne qui en mesure la longueur.

On désigne enfin par Élévation le genre de dessin au moyen duquel l’architecte se représente la construction telle qu’elle s’élèvera au-dessus de la ligne de terre. Par les élévations, qu’on appelle aussi plans relevés, l’architecte dessine donc le frontispice et les façades latérales et postérieures ; il ne nous montre que les dehors de l’édifice, en sorte que la distribution en reste cachée. L’élévation est dite géométrale quand elle dessine le bâtiment de face ou de profil par des lignes verticales et horizontales, c’est-à-dire par des lignes qui se coupent à angles droits ; voilà pourquoi les Grecs appelaient ce genre de dessin orthographie, du mot ὀρθός, qui signifie droit. Mais le mot orthographie demande encore une explication. Obligé de montrer au constructeur le développement tout entier de chaque surface, c’est-à-dire d’accuser les formes, non pas telles que les verra le passant, mais telles qu’elles seront en réalité, l’architecte suppose l’œil du spectateur placé à angle droit sur tous les points à la fois et toujours à la même distance, supposition évidemment contraire à l’action visuelle, et qui fait de l’élévation géométrale un dessin de convention.

L’élévation est dite perspective quand elle représente le bâtiment à la fois de face et de côté, par le moyen de lignes obliques qui le font paraître en raccourci, conformément, cette fois, à l’action visuelle. C’est ce que les Grecs appelaient scénographie, parce que les décorateurs de la scène lui prêtent une profondeur feinte en y peignant les objets en perspective.

De ces trois espèces de dessins, un seul se rapporte directement à la beauté, c’est l’élévation.

Le plan peut sans doute offrir un bel ensemble de lignes et pour ainsi