Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/115

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la petite Pouffe, petite chienne de la princesse, qui estoit auprés d’elle sur son lit. Dés qu’elle les eust touchez, ils s’endormirent tous, pour ne se réveiller qu’en mesme temps que leur maistresse, afin d’estre tout prests à la servir quand elle en auroit besoin. Les broches mêmes qui estoient au feu, toutes pleines de perdrix et de faysans, s’endormirent, et le feu aussi. Tout cela se fit en un moment : les fées n’estoient pas longues à leur besogne.

Alors le roi et la reine, aprés avoir baisé leur chere enfant sans qu’elle s’éveillast, sortirent du chasteau, et firent publier des deffenses à qui que ce soit d’en approcher. Ces deffenses n’estoient pas necessaires, car il crut dans un quart d’heure, tout au tour du parc, une si grande quantité de grands arbres et de petits, de ronces et d’épines entrelassées les unes dans les autres, que beste ny homme n’y auroit pû passer ; en sorte qu’on ne voyoit plus que le haut des tours du chasteau, encore n’estoit-ce que de bien loin. On ne douta point que la fée n’eust encore fait là un tour de son métier, afin que la princesse, pendant qu’elle dormiroit, n’eust rien à craindre des curieux.