Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/216

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le soupé estoit prest, et si on avoit tiré du vin, et aussi-tost se mit à table. Le mouton estoit encore tout sanglant, mais il ne luy en sembla que meilleur. Il flairoit à droite et à gauche, disant qu’il sentoit la chair fraîche.

« Il faut luy dit sa femme, que ce soit ce veau que je viens d’habiller que vous sentez.

— Je sens la chair fraîche, te dis-je encore une fois, reprit l’Ogre en regardant sa femme de travers ; et il y a icy quelque chose que je n’entens pas. »

En disant ces mots, il se leva de table et alla droit au lit.

« Ah ! dit-il, voilà donc comme tu veux me tromper, maudite femme ! Je ne sçais à quoi il tient que je ne te mange aussi : bien t’en prend d’estre une vieille beste. Voila du gibier qui me vient bien à propos pour traiter trois ogres de mes amis, qui doivent me venir voir ces jours-icy. »

Il les tira de dessous le lit, l’un aprés l’autre. Ces pauvres enfans se mirent à genoux, en luy demandant pardon ; mais ils avoient affaire au