Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/222

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s’endormit aprés s’estre reposé quelque temps, et vint à ronfler si effroyablement que les pauvres enfans n’eurent pas moins de peur que quand il tenoit son grand couteau pour leur couper la gorge. Le Petit Poucet en eut moins de peur, et dit à ses freres de s’enfuir promptement à la maison pendant que l’Ogre dormoit bien fort, et qu’ils ne se missent point en peine de luy. Ils crurent son conseil, et gagnerent viste la maison.

Le Petit Poucet, s’estant approché de l’Ogre, lui tira doucement ses bottes, et les mit aussitost. Les bottes estoient fort grandes et fort larges ; mais comme elles estoient fées, elles avoient le don de s’agrandir et de s’apetisser selon la jambe de celuy qui les chaussoit : de sorte qu’elles se trouverent aussi justes à ses pieds et à ses jambes que si elles avoient esté faites pour lui.

Il alla droit à la maison de l’Ogre, où il trouva sa femme qui pleuroit auprés de ses filles