Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/328

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


étoit orné de colonnes, de marbre rouge sur leurs bases, entre lesquelles étoient posées des statues de bronze, servant de point de vue à une rue qui paraît aller du théâtre à la mer. On a porté les colonnes rouges les mieux conservées dans l’église de Saint-Janvier à Naples.

Trois grandes colonnes cannelées en stuc, d’une belle proportion, mais fort endommagées. Les entre-colonnes sont formées par de grandes tables de marbre blanc, sur lesquelles sont écrits quantité de noms d’affranchis.

Les vestiges d’un temple d’Hercule, voisin du théâtre. On y a trouvé une statue de ce dieu et quantité d’instruments propres aux sacrifices. M. Venuti pense qu’une partie des colonnes trouvées dans les ruines du théâtre appartenoient à ce temple. Il avertit le lecteur qu’il est fort difficile aujourd’hui de discerner la véritable place de chaque chose. L’excavation des terres se faisant sans ordre et sans suite, le terrain est rejeté d’un conduit dans un autre ; ce qui fait qu’on le manie à plusieurs reprises et que quelquefois on ne sait plus d’où viennent les morceaux qu’on en retire. Ce temple d’Hercule consiste en une salle élevée, dont les murs aujourd’hui renversés sont peints en clair-obscur, ou, pour nous exprimer à la française, en camaïeux rouges et jaunes, représentant des chasses, des grotesques, des perspectives ou autres tableaux différents. Le mur du fond n’est pas renversé, mais seulement un peu incliné. Il forme deux espèces de niches, au fond desquelles étoient doux tableaux hauts de sept palmes 8/12, larges de six palmes et demie ; l’un représentant l’histoire de Thésée ; l’autre celle de Télèphe. Ces deux peintures que l’on fortifia par derrière, avec de grandes tables de lavagne, furent enlevées de la manière que j’ai décrite dans mon précédent mémoire ; ce que l’on eut d’autant plus de facilité à faire sans les gâter, que l’enduit sur lequel on a peint à fresque est fort épais. M. Venuti fait voir à ce sujet, que les anciens mettoient en usage cette même manière d’enlever les fresques, et qu’au rapport de Varron, on transporta ailleurs des fresques et des bas-reliefs en stuc, travaillés par Demophile et Gorgas, dans le temple de Cérès, près du grand Cirque. Après que le Thésée et le Télèphe eurent été tirés du souterrain, M. Venuti employa, avec la permission du roi, un Sicilien nommé le signor Moriconi, enseigne dans l’artillerie, qui, au mo-