Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/184

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


du théâtre, que sur la pompe muette des décors, le tout transformé en tapage mouvementé. « Le prince et la princesse, » avec la meilleure volonté, n-avaient donc plus autre chose à dire que leurs airs mille fois entendus. On chercha à varier le thème, en faisant chanter cet air par tout le personnel, depuis le héros jusqu’au dernier choriste, non plus seulement à plusieurs voix, mais dans un bruyant unisson afin de produire un plus grand effet. Dans l’unisson, devenu si célèbre de nos jours, se dévoile le vrai but de l’emploi des masses, car, dans le sens de l’opéra, ce sont bien effectivement les masses « émancipées » qui, à certains passages des plus célèbres opéras modernes, chantent dans un unisson à cent voix la vieille et banale ariette. C’est ainsi que notre état moderne a émancipé les masses en les revêtant de l’uniforme de soldat, en les faisant marcher en bataillons, en leur commandant demi-tour à droite ou à gauche, et de présenter armes. Quand les Htignenots de Meyerbeer s’élèvent à leur plus grande hauteur, nous entendons exactement ce que nous voyons dans un bataillon de la garde prussienne. Les critiques allemands appellent cela — nous l’avons déjà dit — l’émancipation des masses.