Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/268

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monde, le cœur nourri de dogmes ; elle regarde pudiquement autour d’elle, aperçoit la courtisane et la coquette, se frappe pieusement la poitrine, et s’écrie : « Je te rends grâce. Seigneur, de ce que je ne leur ressemble pas ! » La force de sa vie, c’est la décence ; sa seule volonté, la négation de l’amour, qu’elle se figure être l’apanage exclusif de la courtisane et de la coquette. Sa vertu consiste à fuir le vice ; son activité, c’est la stérilité ; son âme, c’est l’orgueil le plus impertinent.

Combien cette femme est près de la chute la plus avilissante ! Dans son cœur de dévote, l’amour ne s’agite jamais ; mais dans sa chair soigneusement cachée, s’agite la plus vulgaire sensualité.

On sait où fleurit le cagotisme ? Nous venons de voir tomber la prude dans tous les vices de ses sœurs italienne et française, augmentés encore de l’hypocrisie et malheureusement sans aucune originalité !

Détournons-nous de cet horrible aspect, et demandons-nous maintenant quelle femme doit être la vraie musique.