Page:Charrière - Trois femmes, 1798.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


supporter la misère de mon enfant, disoit sa mourante mère. Émilie les pleura amèrement, et au milieu d’un pays étranger, elle se crut sans amis et sans ressource.

Dès qu’elle fut un peu calmée, une jeune Alsacienne restée seule d’un nombreux domestique et qui servoit Émilie avec autant d’adresse que d’attachement, lui dit : Vous croyez n’avoir plus rien quand vous n’avez que votre Josephine ; mais vous vous trompez, Mademoiselle, et Josephine le prouvera. C’est demain qu’il nous falloit payer notre logement, et peut-être ne l’auriez-vous pu sans vous gêner ; mais la chose est faite. Quel meilleur parti pouvois-je tirer de mes épargnes ! Et ne croyez pas que j’aye donné tout ce que je possédois.