Page:Charrière - Trois femmes, 1798.djvu/60

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Bientôt nous quittons avec elle son temple modeste. Josephine sur le seuil de la porte, nous suit des yeux d’un air d’espoir ou plutôt de triomphe, et nous montre du doigt à ses vieux hôtes, assis vis-à-vis de leur demeure, sur le tronc d’un arbre que leur fils a coupé dans le bois voisin. C’est leur siège aujourd’hui ; dans quelques mois ce sera leur ressource contre l’hiver glacial.

On se souvient que ce jour-là étoit un jour de fête : le tems étoit fort beau, de sorte que tous les habitans du village oisifs, curieux, contens, nous le virent traverser. Ce n’étoient que révérences profondes, saluts jusqu’à terre, accompagnés du niais, mais cependant aimable sourire de la badauderie