Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t1.djvu/187

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LIVRE III[1]


Promenade. — Apparition de Combourg. — Collège de Dinan. — Broussais. — Je reviens chez mes parents. — Vie à Combourg. — Journées et soirées. — Mon donjon. — Passage de l’enfant à l’homme. — Lucile. — Premier souffle de la muse. Manuscrit de Lucile. — Dernières lignes écrites à la Vallée-aux-Loups. — Révélations sur le mystère de ma vie. — Fantôme d’amour. — Deux années de délire. — Occupations et chimères. — Mes joies de l’automne. — Incantation. — Tentation. — Maladie. — Je crains et refuse de m’engager dans l’état ecclésiastique. — Un moment dans ma ville natale. — Souvenir de la Villeneuve et des tribulations de mon enfance. — Je suis rappelé à Combourg. — Dernière entrevue avec mon père. — J’entre au service. — Adieux à Combourg.

Depuis la dernière date de ces Mémoires, Vallée-aux-Loups, janvier 1814, jusqu’à la date d’aujourd’hui, Montboissier, juillet 1817, trois ans et dix mois se sont passés. Avez-vous entendu tomber l’Empire ? Non : rien n’a troublé le repos de ces lieux. L’Empire s’est abîmé pourtant ; l’immense ruine s’est écroulée dans ma vie, comme ces débris romains renversés dans le cours d’un ruisseau ignoré. Mais à qui ne les compte pas, peu importent les événements : quelques années échappées des mains de l’Éternel feront justice de tous ces bruits par un silence sans fin.

  1. Ce livre a été écrit composé au château de Montboissier (juillet-août 1817) et à la Vallée-aux-Loups (novembre 1817). — Il a été revu en décembre 1846.