Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/158

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

vente ; je m’étais attaché à mes arbres, plantés et grandis, pour ainsi dire, dans mes souvenirs. La mise à prix était de 50 000 francs ; elle fut couverte par M. le vicomte de Montmorency[1], qui seul osa mettre une surenchère de cent francs : la Vallée lui resta. Il a depuis habité ma retraite ; il n’est pas bon de se mêler à ma fortune : cet homme de vertu n’est plus.


Après la publication de la Monarchie selon la Charte et à l’ouverture de la nouvelle session au mois de novembre 1816, je continuai mes combats. Je fis à la Chambre des pairs, dans la séance du 23 de ce mois, une proposition[2] tendante à ce que le roi fût humblement supplié de faire examiner ce qui s’était passé aux dernières élections. La corruption et la violence du ministère dans ces dernières élections étaient flagrantes.

    sol de la France. Le tout présente l’aspect d’une vallée solitaire, environnée de bois qui semblent en faire partie. Nous pouvons parler en connaissance de cause de cette demeure charmante, de ces beaux arbres trop tôt ravis aux mains qui les ont plantés ; et nous félicitons d’avance celui qui devra à la faveur du sort la propriété d’une campagne qui, comme celle de Tibur et d’Auteuil, sera à jamais illustrée par le nom et le souvenir de son premier créateur. »

  1. Le vicomte, plus tard duc, Mathieu de Montmorency-Laval, ministre des affaires étrangères, du 24 décembre 1821 au 22 décembre 1822. Il mourut le 24 mars 1826. — La Vallée-aux-Loups appartient aujourd’hui à M. le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville, dont la mère était une Montmorency-Laval.
  2. Proposition faite à la Chambre des pairs, dans la séance du 23 novembre 1816, et tendante à ce que le Roi soit humblement supplié de faire examiner ce qui s’est passé aux dernières élections, afin d’en ordonner ensuite selon sa justice : suivie des pièces justificatives annoncées dans la proposition.Œuvres complètes, T. XXIII, p. 159.