Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/406

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

dans les souvenirs que l’on garde de vous ? Je joins, à cet enthousiasme si naturel pour vos rares avantages, beaucoup d’attrait pour votre société. Acceptez, je vous prie, avec bienveillance, tout ce que je vous offre, et promettez-moi que nous nous verrons souvent l’hiver prochain. »

« Coppet, 30 avril.

« Savez-vous que mes amis, belle Juliette, m’ont un peu flattée de l’idée que vous viendriez ici ? Ne pourriez-vous pas me donner ce grand plaisir ? Le bonheur ne m’a pas gâtée depuis quelque temps, et ce serait un retour de fortune que votre arrivée, qui me donnerait de l’espoir pour tout ce que je désire. Adrien et Mathieu disent qu’ils viendront. Si vous veniez avec eux, un mois de séjour ici suffirait pour vous montrer notre éclatante nature. Mon père dit que vous devriez choisir Coppet pour domicile, et que de là nous ferions nos courses. Mon père est très vif dans le désir de vous voir. Vous savez ce qu’on a dit d’Homère :

Par la voix des vieillards tu louas la beauté.

« Et indépendamment de cette beauté vous êtes charmante. »

Pendant la courte paix d’Amiens, madame Récamier fit avec sa mère un voyage à Londres. Elle eut des lettres de recommandation du vieux duc de Guignes, ambassadeur en Angleterre trente ans auparavant. Il avait conservé des correspondances avec les femmes les plus brillantes de son temps : la duchesse