Page:Chevalier - Peaux-Rouges et Peaux-Blanches, c1864.djvu/191

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— N’aie donc pas peur !

— Mais ça va chavirer, reprit Godaillleur qui, entrant dans l’eau jusqu’à mi-jambe, avait posé un pied dans le frêle esquif.

— Couche-toi à l’avant et ne bouge pas.

Jacot obéit, non sans trembler quelque peu, et le canot glissa dans la baie profonde formée par le lac Supérieur au sein même de la presqu’île Kiouinâ.

Le ciel était d’un bleu sans tache, l’air vif. On respirait, à pleins poumons, les fortifiantes senteurs des plantes qui commençaient à fleurir ; cent oiseaux, au brillant plumage, babillaient sur l’onde, ou voltigeaient, en caquetant, dans les branches des arbres ; Meneh-Ouiakon se prit à adresser sa prière à l’Éternel :

Rot Ko ni yest ne Ra nih ha,
Ne o ni Roe wâ ye,
Ne o ni ne sa da yough toun,

Ro ni gogh vi yough stouh…[1].
· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Elle achevait cette hymne si belle, si musicale en l’idiome dont elle se servait, quand le canot déboucha dans le lac Supérieur.

  1. Mot à mot :

    Au Père, au Fils, au Saint-Esprit,
    Le Dieu que nous adorons,
    Gloire soit, comme a été, est maintenant,
    Et sera à tout jamais.