Page:Chevalley - Le Roman anglais de notre temps.djvu/66

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Le Roman anglais de Notre Temps positivisme, l'évolution, la psychologie moderne, bref, la science, représentée par Herbert Spencer, grand inspira- teur et grand ami de George Eliot, forment l'assise de l'édifice moral et esthétique où va s'installer le roman avec George Eliot. L'émotion religieuse n'en est point proscrite. Elle ne peut l'être, car elle est au fond de tout sentiment. Dans toute fiction où elle ne serait pas, sous une forme ou sous une autre, non seulement il n'y aurait plus d'émotion d'aucun genre, mais il n'y aurait plus de vérité intérieure. Il faut, pour l'exprimer, la ressentir sous une forme nouvelle, ou bien l'avoir éprouvée sous sa forme ancienne et en garder la nostalgie. Elle peut avoir pour origine l'homme en Dieu tout aussi bien que Dieu dans l'homme. George Eliot s'abreuve aux deux sources. Elle a été chrétienne, elle est positiviste. Mais la vérité est la même partout. La dignité humaine n'est pas moins exigeante, qu'elle soit fondée sur une rédemption miraculeuse ou sur une évolution naturelle. Il n'y a point d'erreur sans châtiment, H n'y a point de faute sans conséquences. La nécessité logique, la fatalité morale se confondent entre elles, et il n'y a point jusqu'à une sorte d'immanence économique qui n'en dépende. Telle est l'inspiration de George Eliot, aussi éloignée d'une piété superficielle que du simple objectîvisme de Jane Austen et de l'instinct passionnel dans Charlotte Brontë. Qu'il y ait eu peut-être une sorte de politique spontanée dans ce redressement du roman, dans cette soumission de la femme émancipée aux mêmes sanctions et aux mêmes règles que la femme traditionnelle, qu'il y ait eu l'influence toute puissante de la société d'alors, libre dans ses idées, esclave dans sa conduite publique, il n'importe, le fait est là. Le roman de George Elîot n'est pas moins réaliste que j a ,tiz B dbvG00gle

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