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A. CHEVALLIER.

Des expériences et observations que nous avons faites (4 mai 1855), il résulte :

1° Que les divers échantillons de café torréfié, en grains et moulu, que nous avons prélevés sur les sacs déposés dans les magasins de la manutention militaire du quai de Billy, ne proviennent ni de cafés falsifiés, ni de cafés corrompus.

2° Que les mauvaises qualités que l’examen a permis de constater, sont dues à ce que le café Ceylan, qui s’y trouve dans une certaine proportion, renferme des grains altérés dans leurs propriétés physiques ; que c’est la présence de ces grains qui est la cause de la saveur désagréable et du mauvais goût qui caractérisent les cafés livrés à la troupe du camp de Boulogne.

3° Que dans notre opinion, et suivant les observations relatées dans ce rapport, cette altération doit plutôt être attribuée à une maladie des grains, analogue à celle qui se développe sur un certain nombre de végétaux, qu’à une avarie du café après sa récolte ou dans son mode de conservation, ou pendant son transport en Europe[1].

4° Qu’il aurait été possible, par un triage convenablement fait sur les grains non torréfiés, ainsi que nous l’avons effectué, de séparer les mauvais grains altérés des bons grains, et de rendre à ce produit alimentaire ses qualités premières.

Le mélange du café de Ceylan contenant des grains altérés avec le café d’Haïti, fut le sujet d’un procès : l’officier comptable qui avait fait échange de café avec le négociant, et ce négociant, furent traduits devant la cour d’assises du Pas-de-Calais, le 7 juin 1855, mais ils furent acquittés.

  1. On voit que nous n’admettons pas que la fumure du sol ait été pour quelque chose dans le cas dont il s’agit. Si cette fumure avait eu de l’effet, tous les grains, et non quelques-uns, eussent offert les mêmes propriétés.