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DU CAFÉ ET DE SES FALSIFICATIONS.

1° En observant avec soin le degré de maturité, et hâtant la dessiccation dans des salles ventilées.

2° En transportant intacts les fruits desséchés, pour ne les décortiquer que sur les lieux de consommation. Il fait connaître qu’on expédie en France, sous le nom de café en parche, des grains dont les fruits ont seulement été débarrassés de la pulpe charnue, mais qui ont conservé l’enveloppe qui touchait le périsperme ; en se desséchant, cette enveloppe diminue de volume, mais ce café reste protégé contre les altérations des couches externes. Ces cafés, qui sont, selon M. Payen, d’un prix plus élevé, ont un arome très délicat.


DE LA CONSOMMATION DU CAFÉ.

Il serait très intéressant de savoir quel est le premier qui fit usage du café et dans quel but il en fit usage, de suivre la progression de cet usage ; mais, dans les recherches faites à ce sujet, souvent la tradition se perd, et ce que nous savons doit être incomplet et peut être entaché d’inexactitude : quoi qu’il en soit, voici ce qu’on rapporte à cet égard[1].

Selon les uns, l’usage du café est dû au supérieur d’un couvent, qui employait les graines de café torréfiées dans un poêlon, pour en préparer, à l’aide de l’eau chauffée, un liquide qu’il faisait prendre à ses moines pour les tenir en éveil[2].

Selon d’autres, il est dû à un mollah du nom de Chudely,

  1. Selon Mérat et de Lens (Dict. univ. de matière médicale et de thérapeutique), il serait positif, d’après les manuscrits de la bibliothèque impériale, qu’on en usait en Perse en 875 ; qu’en 1517, le sultan Selim, ayant fait la conquête de l’Égypte, l’apporta à Constantinople, où il n’y eut d’établissements publics (des cafés) qu’en 1553 ; que Rauwolf est le premier Européen qui ait mentionné le café avec figures, dans son Voyage du Levant, que Prosper Alpin le décrivit en botaniste en 1640 (Historia naturalis Ægypt.).
  2. N’oublions pas de dire que la découverte de l’action excitante du café a été attribuée à un berger du petit royaume d’Yémen, qui se serait aperçu que les brebis qu’il menait paître étaient en proie à une agitation particulière toutes les fois qu’elles broutaient la drupe du caféier.