Page:Choderlos de Laclos - Les Liaisons dangereuses, 1869, Tome 1.djvu/152

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vous demain, ne fera naître en moi que de l’inquiétude ; & le plaisir de vous voir, jusqu’alors si cher à mon cœur, sera remplacé par la crainte de vous être importun.

Déjà, je le sens, cette crainte m’arrête, & je n’ose vous parler de mon amour. Ce je vous aime, que j’aimais tant à répéter quand je pouvais l’entendre à mon tour, ce mot si doux qui suffisait à ma félicité, ne m’offre plus, si vous êtes changée, que l’image d’un désespoir éternel. Cependant, je ne puis croire que ce talisman de l’amour ait perdu toute sa puissance, & j’essaie de m’en servir encore. Oui, ma Cécile, je vous aime. Répétez donc avec moi cette expression de mon bonheur. Songez que vous m’avez accoutumé à l’entendre, & que m’en priver, c’est me condamner à un tourment qui, de même que mon amour, ne finira qu’avec ma vie.

De … ce 29 août 17…



Lettre XLVII

Du Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil

Je ne vous verrai pas encore aujourd’hui, ma belle amie, & voici mes raisons, que je vous prie de recevoir avec indulgence.