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CHAP. X. — LES CICÉRONIENS

Dolet. J’attends les événements sans me troubler. Quand le moment sera venu de lutter à bras le corps, l’issue du combat montrera si je suis bien préparé. Adieu. Lyon, 6 octobre (1535). »

Parmi les personnes qui entretinrent une correspondance avec Gilbert Cousin de Nozeray, secrétaire d’Érasme[1], mieux

    Heuman (Parerga Critica, p. 56). Dans cette épitre on fait dire à Érasme que Italum est une faute d’impression, qu’il avait écrit Attalum bellacem, et que dans les futures éditions le mot serait corrigé. On trouve encore dans cette lettre l’excellente histoire de la coquille du malicieux imprimeur, histoire souvent répétée, mais qu’on regrette d’être obligé de regarder simplement comme ben trovata. Un ouvrier, qui n’avait pas reçu d’Érasme le présent qu’il attendait, résolut de se venger dans le prochain livre qu’il aurait à imprimer pour lui. « Cum enim in Vidua mea, quam serenissimee Hungariæ reginæ dedicaveram ad laudem cujusdam sanctissimæ fœminœ, inter alia liberalitatem illius in pauperes referrem, hæc verba subjunxi : « Atque mente illa usam eam semper «fuisse, quæ talem fœminam deceret». Unde scelestus ille animadvertens sibi vindictæ occasionem oblatam esse, ex mente illa, mentula fecit. Itaque volumina mille fuere impressa. » Epist. 1276.

  1. Je crois devoir noter ici que M. L. M. A. Dupetit-Thouars, plus distingué comme botaniste que comme biographe ou comme critique littéraire, a consacré dans la Biographie Universelle un court article à un Gilbert Cagnati imaginaire, qu’il dit être un écrivain italien né à Nocera (Royaume de Naples) vivant vers le milieu du seizième siècle. M. Dupetit-Thouars nous apprend que ce Cagnati était l’auteur d’un traité intitulé : De Hortorum laudibus (Bâle, 1546), imprimé et inséré par Joachim Camerarius II dans la collection qui a pour titre : De re rustica. Ce traité existe, c’est l’un des ouvrages de Gilbert Cousin. A la fin du livre de Camerarius (Opuscula de re rustica partim collecta partim composita a Joachim Camerario, Norimbergîae, i5g6 . est placée une liste des auteurs et des traites de re rustica, parmi lesquels se trouve cette mention : Gilberti Cognati Nozerani De Hortorum laudibus. Basiliæ apud Oporinum, 1546. Mais l’ouvrage lui-même ne fait pas partie des opuscula de Camerarius. Il est clair que M. Dupetit-Thouars ne connaissait ni le livre, ni l’auteur, mais ayant copié le titre de l’ouvrage dans le recueil de Camerarius sans avoir jamais entendu parler soit de Gilbert Cognatus, soit de Nozeray en Bourgogne et sachant qu’il y avait une ville du nom de Nocera dans le royaume de Naples, il s'est trop fié à son imagination et a transformé un fait imaginaire en une biographie détaillée. Le Dr Hœfer, naturellement, comme il avait coutume de le faire pour les noms d’une importance minime, s’est contenté simplement de faire une place, dans sa Nouvelle Biographie Générale, à l’article de M. Dupetit-Thouars, mentionnant cependant (suivant son habitude encore, afin de favoriser les recherches personnelles) des autorités imaginaires à l’appui de cette biographie imaginaire. Les autorités citées dans la Biogr. Gén. à l’article de Gilbert Cagnati ne sont pas, comme on pourrait le supposer, la Biog. Univ., mais « Biographie Médicale et Eloy : Dict. de Médecine qui ne contiennent