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ÉTIENNE DOLET

Robert Estienne et dans la Conucopia de Sypontinus (Nicolas Perotti). Il cite les éditions de Virgile imprimées par Alde, Colines, Robert Estienne et Sébastien Gryphius comme donnant prorœ et non pas puppes. Il prouve que Budé a employé la forme embatœ, et montre que les mots de Pline ont été attribués à cet auteur par Robert Estienne. Il dit que l’on a toujours donné les écrits de Hirtius comme étant de César. Quant à remuleus, s’il ne parvient pas à défendre le mot, il fait voir du moins que Robert Estienne le prend dans le même sens que lui.

La défense qu’il oppose à l’accusation de Charles Estienne est, suivant moi, définitive et satisfaisante. Personne ne peut comparer le De re Navali de Dolet (ou les pages des Commentaires dont ce livre n’est qu’une réimpression) avec l’ouvrage de Baïf portant le même titre sans être convaincu que ce sont deux livres absolument dissemblables, sans autres rapports que ceux qu’on doit trouver dans deux livres écrits sur le même sujet ; on est forcé d’avouer qu’il est tout à fait déloyal d’accuser Dolet d’avoir pillé ou imité Baïf. Et Dolet a fait preuve de bonne foi en imprimant en leur entier dans la préface de son livre tous les passages du livre de Charles Estienne où il est question de lui[1].

Il est agréable de voir que dans cette occasion Dolet n’a pas été aveuglé par l’indignation au point de ne pas rendre justice aux mérites littéraires de Charles Estienne. Dans le second volume des Commentaires, voici ce que nous lisons au mot Hortus : «A propos de ces questions relatives aux jardins et aux arbres, j’aurai recours à la grande érudition du très docte Charles Estienne. Il vient de publier deux courts traités dont il peut être fier à bon droit, l’un sur les jardins, l’autre sur les arbres. Vous discernerez facilement dans ces ouvrages le zèle sagace de l’auteur et le désir extrême qu’il

  1. Excepté toutefois quelques mots sur Cornua, qui paraissent lui avoir échappé.