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ÉTIENNE DOLET

sauvé du bûcher, comme nous l’avons vu plus haut, par l’intervention des Seigneurs de Berne ; cette intervention, du reste, aurait été inutile si Peyrat, le lieutenant gouverneur de Lyon, n’avait, en retardant l’exécution (bien qu’il fût pressé par le parti prêtre), permis aux messagers bernois d’arriver à temps à la cour du roi de France.

Tous ce que nous savons au sujet du procès de Dolet nous le devons à l’épître au roi, mise en tête de sa traduction des Tusculanes, et aux lettres de rémission et de grâce qui lui furent accordées dans la suite, lesquelles furent découvertes dans les archives criminelles du parlement de Paris par M. A. Taillandier et publiées par lui en 1836[1]. Heureusement pour nous, ces lettres sont précédées d’un exposé du procès, du jugement et de la condamnation, autant de documents qui ont jeté une vive lumière sur l’un des événements les plus intéressants et les plus importants de la vie de Dolet.

Ce fut à la fin de juillet ou au commencement d’août 1542 que par ordre de l’inquisiteur général, mais à l’instigation des maîtres imprimeurs et des libraires de Lyon , Dolet fut arrêté et jeté dans la prison de l’archevêché. Il fut mis en état d’arrestation, paraît-il, simplement parce qu’il était suspect d’hérésie, sans qu’on ait dressé un acte d’accusation officiel comme la loi l’exigeait, lequel acte ne fut fait qu’un mois après. Sur ces entrefaites, le procureur et promoteur des causes de l’inquisition , « demandeur en matière d’hérésie », aidé par ceux qui avaient dénoncé Dolet, préparait l’acte d’accusation et continuait d’instruire le procès ; et après que sa boutique et sa maison eussent été mises au pillage et ses livres saisis[2], le prisonnier fut officiellement accusé d’hérésie devant Matthieu Orry, inquisiteur général, et devant Étienne Faye, official de la primatie de Lyon, vicaire général in spiri-

  1. Procès d’Étienne Dolet, imprimeur et libraire à Lyon, 1543-1646, Paris, Techener, 1836.
  2. Dolet : Préface à la traduction des Tusculanes.