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APPENDICE II.

roisse aux mains de l’abbaye. Les seigneurs de Rochefort y percevaient des dîmes et tentèrent plus d’une fois des envahissements que les abbés de Saint-Benoît eurent toujours grand soin de conjurer. Par un accord avec Simon IV, l’un d’eux obtint l’engagement qu’aucun seigneur ne pourrait établir de manoir à Sonchamp, y résider, s’y clore, s’y étendre, etc. De temps immémorial, la paroisse de Sonchamp dépendait du bailliage de Dourdan et avait des redevances envers le domaine, entre autres les « coustumes de Sonchamp » sur 840 arpents adjugés au roi par arrêt du Parlement. Les abbés, qui cherchaient à s’affranchir de toute entrave, firent des difficultés pour reconnaître la juridiction de Dourdan, lors de la rédaction des coutumes en 1556, et revendiquèrent celles d’Orléans ; mais il fut prouvé que Sonchamp n’avait jamais eu d’autre chef-lieu fiscal que Dourdan, et que ses gentilshommes avaient toujours répondu au ban et arrière-ban de ce bailliage[1]. Au siècle dernier, les bois de Sonchamp furent souvent visités par les chasses royales. Le domaine appartenait au duc de Penthièvre. A la demande du prince, la paroisse fut pendant plusieurs années déchargée de la taille et sa part supportée par les autres paroisses de l’élection.

L’église de Sonchamp est une des belles églises des environs et l’on y sent l’influence de la riche abbaye. Placée sous l’invocation de saint Georges, elle offre la réunion de plusieurs styles. La nef est du xiie siècle, le chœur du xiiie, les nefs latérales du xvie et du xviie.

Près de Sonchamp, le château de Pinceloup, qui appartient aujourd’hui à M. Ruffier, a été habité et agrandi au siècle dernier par Prévost, notaire de Louis XVI. Il date du xvie siècle. François Simonneau était seigneur de Pinceloup en 1556.

La route impériale de Corbeil à Mantes nous fait pénétrer en pleine Beauce et nous conduit directement à Ablis ; pour cela nous passerons rapidement devant les communes d’Orphin, de Craches, de Prunay-sous-Ablis, situées aux dernières limites occidentales du canton. Nous sommes ici fort loin de Dourdan. Vingt-deux kilomètres nous en séparent. Orphin, avec Cerqueuse, Craches qu’on surnommait l’abbé, appartiennent plutôt à l’histoire de Rambouillet qui n’est distant que de deux lieues. Quant à Prunay, son grand clocher en pierre du xvie siècle, de forme pyramidale, bâti à côté d’une nef du xe siècle, attire de loin l’attention. Aux environs, plusieurs écarts mériteraient d’être visités : la ferme de Gourville (Gontharii villa), ancien lieu seigneurial, d’après des titres du xe siècle ; la Chapelle sur l’emplacement d’un ancien sanctuaire de saint Laurent ; Villiers-Landoue, siége d’un fief ; le château des Faures, important au xviie siècle, aujourd’hui détruit en partie ; Marchais-Parfond qui était aussi une seigneurie et relevait du prieur d’Auneau, etc.

  1. Voir Archives de l’Empire, pièces concernant Sonchamp. Q. 1514. — Archives du Loiret. A. 1382, etc.