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Page:Clar - Les Jacques, 1923.djvu/179

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LES JACQUES

— Nul n’ira les chercher où ils sont, ne crains rien pour eux, Georget.

— Oh ! merci, Conrad, mais les autres ? L’Agnelet ?

— Tué.

— Grégoire ?

— Il s’en est allé avec Rouge Le Bâtard. Quant à la vieille Alyse, elle est morte au combat, comme nous revenions de brûler le nid de quelques moines un peu trop gras. Étendue sur le chemin, Louvette se coucha sur elle, mordant ceux qui voulaient l’arracher de ce corps qu’elle essayait peut-être de réchauffer. Le lendemain je suis revenu, il y avait deux cadavres, celui de la bête couvrant celui de la vieille serve. J’ai creusé une grande fosse pour les y coucher toutes les deux.

Alyse sanglotait à ce récit. Georget l’enlaçant tendrement, la fit asseoir.

— Alyse, ma douce sœur, ils seront vengés un jour, je le jure.

— Mais je ne veux pas que tu meures ! s’écria la jeune fille.

Et tous eurent un sourire à travers leur émoi.

— J’étais venu, maître Nicole, dit Conrad en se levant, pour vous prévenir. Vous êtes accusé d’avoir excité à crime et pillage les manants du fief de Coucy. Je vous offre, à tous, l’asile inviolable des gens de ma tribu à laquelle je retourne. Laissez passer l’orage, dans peu de temps, vous pourrez revenir en votre logis. Acceptez-vous ?

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