qui viendront après nous, de trouver des roses, de vraies roses, en plein bois ! »
À cette école du plein air et de la pleine verdure, Pailleron apprenait à humer la poésie vraie et à faire des vers. Il en faisait beaucoup, qu’il allait réunir bientôt en volume. Il venait aussi d’écrire une pièce en vers, sa première pièce, qui est charmante : le Parasite. C’était à Cannes, en voyageant, qu’il l’avait achevée ; il l’avait lue à un ami, en lui disant de la laisser dans un tiroir. Amédée Rolland, plus ambitieux pour Pailleron que Pailleron lui-même, la porta à l’Odéon, et, un beau matin, l’auteur du Parasite recevait du second Théâtre-Français un bulletin de répétition. Présenté, reçu, répété, en trois mots, c’était l’histoire du Parasite. La pièce, d’un joli tour antique, jouée en septembre 1860 par Thiron, Mlle Delahayeet Mlle Debay, eut un grand succès ; mais un sénateur, M. Amédée Thayer, la dénonçait au Sénat comme immorale, et elle était suspendue à la quatre-vingtième représentation.
Quand je dis que le Parasite avait le ton antique, je devrais dire qu’il en avait surtout le costume. Dès ses débuts, Édouard Pailleron