cette opiniâtreté, il en a fait preuve dans la diversité même de son talent : vers, prose, drame, comédie. Il n’est pas de ceux qui se soumettent à l’étiquette imposée par le public : ici l’on rit ou ici l’on pleure. Il sait faire rire et faire pleurer.
Et, de ces productions diverses, il n’a jamais rien donné qui ne fût à point à son gré ; il attend que le coffret s’emplisse, et c’est pourquoi il garde plus d’œuvres encore qu’il n’en présente au public. Il est, en outre, un des rares poètes de ce temps qui ait des idées et de l’observation, j’entends qui soit vivant et dont les vers aient une autre prétention que celle de rimer.
Enfin sa personnalité est irréprochablement littéraire, nettement marquée dans ce qu’il écrit ; il a assez d’originalité pour que l’on dise en parlant de ses pièces : « Ce n’est pas du théâtre ! » ce qui lui prouve victorieusement, ce me semble, qu’il sort de la forme convenue et des formules toutes mâchées. Et cet oseur est un délicat. Il a horreur de la brutalité, de la pose, du charlatanisme, de ceux qu’il appelle des hercules en baudruche. À son avis, qui est le bon, on peut tout faire passer, pourvu que tout soit dit finement. Je sais de lui une pièce