rêves, les espoirs, les fièvres de notre xixe siècle, qui est aussi le grand siècle. Il est parti de la royauté vendéenne pour arriver à la république d’Athènes, avec l’idée d’émancipation sociale ajoutée à la passion de la liberté et de l’art. Ses fluctuations ont été celles de la pensée française, de 1815 à 1882, et il incarnera superbement pour l’avenir deux idées d’émancipation généreuse : en littérature, la révolte contre la convention au nom de la vérité ; en politique, la protestation au nom du droit.
Cette double vertu l’a conduit à la fois à la gloire et à l’exil. Il s’est, un jour, affranchi de l’exil pour voir, à Paris, grandir sa gloire. Quels souvenirs, datés déjà d’il y a presque douze ans !
J’ai assisté à la rentrée en France du poète de la Légende des siècles. Le lundi 5 septembre 1870, le lendemain même de la chute de l’empire, Victor Hugo, alors à Bruxelles, se présentait au guichet de la gare où l’on distribue les billets pour la France, et demandait, d’une voix malgré lui tremblante d’émotion, un billet pour Paris.
Je le vois encore.
En quittant le champ de bataille de Sedan,