sur Paris, — pauvres gens harassés, poudreux, boueux, blêmes, découragés, — des soldats vaincus avant d’avoir combattu, se tenaient assis ou couchés le long de la voie. Ils fuyaient les uhlans qui étaient proches. Ils se repliaient sur la grande ville pour n’être pas engloutis dans le désastre qui venait de faire, devant Sedan, de la dernière armée française une proie pour les citadelles prussiennes. On lisait la défaite dans leurs regards, l’affaissement moral dans leur attitude physique ; ils étaient mornes, sordides, roulés par la déroute comme des cailloux par l’orage. Mais quoi ! ils étaient des soldats de notre France, ils en avaient l’uniforme aimé, la capote bleue, le pantalon rouge. Ils emportaient, dans la débâcle, sains et saufs, leurs drapeaux aux trois couleurs
De grosses larmes emplirent soudain les yeux assombris de Victor Hugo et, se penchant à la portière, d’une voix claire, vibrante, éperdue :
« Vive la France ! cria le vieillard ; vive l’armée française ! Vive la patrie ! »
Les soldats, écrasés de fatigue, regardaient vaguement et d’un air morne, sans comprendre.
Lui, continuait à leur jeter des encourage-