elle n’est pas ironique et désespérée ? Non. Ce fut Victor Hugo, ce fut l’ancêtre de ceux qui chantent aujourd’hui, mais qui ne chantent plus ni la patrie ni l’espérance. Les Anacréons du Parnasse laissèrent jeter le cri d’affranchissement à ce Tyrtée septuagénaire, mais toujours robuste, et qui tient au sol comme un chêne gaulois.
L’expression absolue de la physionomie de Victor Hugo, c’est, en effet, la force. Sa devise, en toutes choses, pourrait être Robur. Les épaules sont larges, les muscles solides, la tête puissante. Ce n’est plus cette figure imberbe et pensive dont David (d’Angers) fit, il y a des années, un marbre vivant ; c’est la face barbue qui restera, en somme, la plus populaire, et qui exprime le mieux, à mon sens, le génie même de Victor Hugo, vigoureux et militant.
Jadis pâle, le teint de Victor Hugo est devenu rouge : le vent de l’Océan a coloré ses joues, entourées d’une barbe fine littéralement argentée. Des cheveux blancs et drus se dressent hardiment sur son front luisant et bombé, ce vaste front demeuré légendaire. Et sous ce front, des yeux bleus, tantôt irrités, passionnés, tantôt pétillants d’esprit, ou illu-