Souper à six, coucher à dix,
Fait vivre l’homme dix fois dix.
Gloria victis. Vœ nemini.
L’esprit souffle où il veut,
L’honneur va où il doit.
La bibliothèque d’Hauteville-House contint longtemps les manuscrits autographes de Victor Hugo que M. Paul Meurice, naguère, a rapportés pour les collationner et ajouter les variantes aux Œuvres complètes.
Ces manuscrits, je les ai touchés et feuilletés, les uns après les autres, en plein étonnement et comme en plein rêve. À Guernesey, ils dormaient, depuis des années, dans une immene armoire. Le manuscrit de Bug-Jargal ! le manuscrit d’Hernani ! le manuscrit des Châtiments ! Voir cela, parcourir cela, tenir cela entre ses mains, il y a quelque chose d’émouvant dans un tel fait. Le peintre Gleyre promenait, un jour, sa main sur un dessin de Raphaël en disant : « Il a mis là sa main ! ses doigts ont touché ce papier ! » C’est un peu le même saisissement respectueux qu’on éprouve en apercevant ces cahiers de papier, qui sont aujourd’hui des livres immortels.