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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/115

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LUMÎR. — Oui.

(A demi-voix)

Tu as tiré ?

LOUIS. — Oui.

Les deux coups à la fois.

LUMÎR. — Eh bien ?

LOUIS. — Tous les deux ont raté.

LUMÎR. — Mais ton père…

LOUIS. — … Est mort. Oui, il est mort tout de même. Il est bien mort. Son misérable cœur s’est arrêté.

LUMÎR. — Cependant les amorces étaient fraîches, la poudre sèche et je sais charger.

LOUIS. — Tu auras oublié de souffler dans la cheminée. Ce sont de vieilles armes.

LUMÎR. — Tu lui as pris l’argent ?

LOUIS. — Je l’ai. (Il lui donne l’argent). Voici les dix mille francs. Pas besoin de quittance entre nous.

LUMÎR. — Louis, que faut-il que je te dise ?

LOUIS. — j’ai tué mon père.

LUMÎR. — Tu l’as tué. C’est bien. Il n’y avait pas autre chose à faire.