Aller au contenu

Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/133

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

que j’ai fait, et de ce premier pistolet qui, effectivement, était chargé à balle ?

LOUIS. — Tu voulais la mort certaine pour mon père et pour moi le crime et l’échafaud.

LUMÎR. — Je suis plus jeune que toi et tout cela est ma propre part bientôt.

LOUIS. — Tu voulais me faire mourir ?

LUMÎR. — Fallait-il que je te laisse à cette femme ?

LOUIS. — Je ne veux pas épouser Sichel.

LUMÎR. — C’est ce qu’elle veut qui est la chose importante.

Et tu vois qu’elle a tout l’argent.

LOUIS. — Que m’importe l’argent ?

LUMÎR. — Beaucoup. Nous avons vécu trop durement, toi et moi, pour ne pas savoir ce que vaut l’argent.

LOUIS. — Je t’ai rendu le tien.

LUMÎR. — Oui, tu es quitte avec moi. Nous sommes quittes tous les deux.

LOUIS. — Tu m’as fait commettre ce crime et maintenant, tu m’abandonnes.