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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/156

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Cette somme que tu as trouvée sur lui.

LOUIS. — Le prix me semble bien bas.

SICHEL. — Il ne s’agit que d’une bicoque et de quelques terres maigres.

LOUIS. — Fameusement bien placées.

SICHEL. — Écoute. Vends-lui Dormant. Il y tient.

LOUIS. — Il faut qu’il y mette le prix.

SICHEL. — Je vais t’expliquer. C’est un bon tour de ton père. Ah, il avait des idées.

LOUIS. — Il n’aura pas Dormant à moins de cent mille francs. C’est le bien de mes ancêtres.

SICHEL. — Il les paiera. Mais je vais t’expliquer. Ce n’est pas à Dormant que sera l’embranchement de Rheims avec les ateliers et les dépôts de locomotives. C’est à Châlons.

Ton père venait d’arracher cela au Ministre des Travaux Publics. C’est un grand secret encore.

LOUIS. — Je vois.

SICHEL. — Et il avait acheté lui-même quelques terrains là-bas avec l’aide de mon oncle d’Épernay, le marchand de vins de Champagne,