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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/33

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LUMÎR. — L’honneur et le devoir avant tout.

SICHEL. — C’est l’honneur et le devoir qui vous poussent à capter un vieillard imbécile ?

LUMÎR. — Oui.

SICHEL. — Et à trahir celui qui vous aime ?

LUMÎR. — Montrez-moi les lettres que le capitaine vous a écrites.

SICHEL. — Je pense qu’il vous aime sincèrement.

LUMÎR. — Je l’aime aussi.

SICHEL. — Pas autant que ces dix mille francs à récupérer.

LUMÎR. — Je les lui ai donnés.

SICHEL. — Prêtés.

LUMÎR. — Je lui ai donné ma vie.

SICHEL. — Prêtée à de gros intérêts.

LUMÎR. — Nous avons fait assez. Je n’ai pas le droit d’être plus généreuse envers ce Français.

C’est mon frère qui lui a sauvé la vie, le rapportant tout sanglant de la brèche de Constantine.

Et c’est moi ensuite qui l’ai soigné.

C’est mon frère et moi qui l’aidions pendant