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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/44

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Coûfontaine n’est pas à lui, ni à moi.

C’est le bien de la famille. Où est le mal que j’aie voulu l’abriter des fantaisies d’un prodigue ?

LUMÎR. — Ne le poussez pas au désespoir.

TURELURE. — Il lui reste l’armée. Il y retrouvera son grade.

Je suis un père, que diable ! Je l’aime. Dites-lui bien que je l’aime. Dites-lui que je m’intéresse à son avancement.

LUMÎR. — C’est de l’argent qu’il veut.

TURELURE, avec dégoût. — L’argent, ah !

LUMÎR. — Il est prêt à vous donner huit pour cent.

TURELURE. — Non ! C’est un mauvais service à lui rendre que de l’encourager dans cette entreprise absurde. Il n’y a rien à faire en Algérie. Pas d’argent !

LUMÎR, baissant les yeux. — Je voudrais le mien aussi.

TURELURE. — Ce n’est pas moi qui l’ai pris.

LUMÎR, levant les yeux sur lui. — Faites cela pour moi, Monsieur le Comte !