Page:Clausewitz - Théorie de la grande guerre, III.djvu/19

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même. Voilà ce que nous nommons le point limite de l’offensive.

Le but de l’offensive étant la conquête du pays ennemi, l’attaque ne doit s’arrêter que lorsque sa supériorité est épuisée. Cette considération la pousse nécessairement vers le but, mais elle peut facilement aussi le lui faire dépasser. Or, lorsque l’on considère la quantité des éléments différents qui doivent entrer dans le calcul de l’estimation des forces opposées, on se rend compte que, dans maintes circonstances, il soit extrêmement difficile de juger si l’on a ou non la supériorité de son côté.

Tout dépend donc de la finesse du jugement ; seule elle peut révéler quel sera le point limite de l’offensive. Ici nous nous heurtons à une contradiction apparente. La défensive étant intrinsèquement plus forte que l’offensive, on devrait croire que l’offensive ne peut jamais conduire trop loin, par la raison que, tant que la forme la plus faible demeure assez forte, il doit en être de même de la forme la plus forte[1].

POINT LIMITE DE LA VICTOIRE

Il est des guerres dans lesquelles le vainqueur n’est pas en état de renverser complètement son adversaire, et souvent, le plus fréquemment même, la victoire atteint un point limite qu’elle ne peut plus dépasser.

  1. Ici le manuscrit porte l’annotation suivante : « Développement de ce sujet d’après le livre de la stratégie, sous le titre : Du point limite de la victoire. » Or, sous ce titre et dans une enveloppe portant l’annotation Matériaux divers, on a trouvé, dans les papiers du général de Clausewitz, le chapitra suivant dont nous plaçons ici la traduction parce qu’il semble être le développement de ce dont les lignes ci-dessus ne paraissent être que l’esquisse.