Page:Clausewitz - Théorie de la grande guerre, III.djvu/44

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inspire généralement tant de soucis, en raison de ses suites immédiates et de ses conséquences ultérieures, que cela seul peut enrayer l’élan de l’attaquant et l’inciter, soit à demeurer en deçà du cours d’eau en y tolérant la présence du défenseur, soit, s’il se décide à le franchir, à s’en maintenir du moins à très grande proximité. Il est rare, dans le fait, de voir les deux adversaires rester longtemps l’un vis-à-vis l’autre sur les rives opposées.

Dans les cas même où l’on recherche une grande solution, un cours d’eau de quelque importance peut encore jouer un rôle considérable. Il affaiblit et gêne toujours plus ou moins l’offensive et ne lui devient favorable que lorsque le défenseur, s’en exagérant la valeur comme obstacle et le considérant comme une barrière tactique, commet la faute d’en faire l’objet principal de sa résistance. En agissant ainsi, le défenseur donne l’avantage à son adversaire et lui fournit l’occasion de frapper facilement un coup décisif. Ce coup ne saurait, il est vrai, amener directement la défaite complète du défenseur, mais, ainsi que le cas s’en est présenté pour les Autrichiens sur le Rhin inférieur en 1796, celui-ci peut en arriver, par une série de combats désavantageux, à une situation générale très critique.