Page:Clemenceau - La Mêlée sociale, 1913.djvu/7

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PRÉFACE


N’y a-t-il pas comme une guerre
ordonnée aux mortels sur la terre ?
(JOB, VII, I.)


La mêlée sociale ! « Déclamation, métaphore », disent superbement les heureux. — « Poignante bite réalité », geignent les misérables.

Contre l’accablante évidence, les dénégations intéressées ne peuvent plus prévaloir. Ce simple recueil d’épisodes fournis par la rencontre du jour atteste assez haut le fait violent, l’âme cruelle.

N’est-ce pas vraiment un prodige que l’humanité ait eu besoin des méditations des siècles, des observations, des recherches, de l’effort de pensée des plus grands esprits pour aboutir à découvrir avec surprise, après tant d’âges écoulés, le combat pour la vie ?

Que de lampes oscillèrent des poutres avant de rencontrer l’œil d’un Galilée ! Que de pommes tombèrent de l’arbre avant qu’un Newton se pré-