Page:Collectif - Revue canadienne, Tome 1 Vol 17, 1881.djvu/124

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


REVUE POLITIQUE.

La grande entreprise du chemin de fer du Pacifique est maintenant confiée à une compagnie, au syndicat formé par les ministres l’automne dernier. Le bill à cet effet a été sanctionné le 15 février ; il est devenu loi.

La construction de cette immense voie ferrée va donc être maintenant poussée avec activité. Avant dix ans, le syndicat doit l’inaugurer dans toute sa longueur.

Quelque soient les entraves nouveaux que les événements apportent à cette entreprise, on peut dire sans être prophète, qu’elle sera exécutée et dans peu d’années. Un jeune pays qui prospère n’abandonne pas des projets comme celui-là qui lui paraissent l’un des progrès le plus marqué vers sa grandeur future. Les peuples de l’Amérique sont sous ce rapport plus audacieux, plus téméraires je dirais, que les vieilles nations. Citez-moi un peuple de quatre millions qui ait jamais osé entreprendre une œuvre aussi colossale, matérialement parlant, que notre chemin transcontinental. Nous nous y sommes lancés sans trop nous effrayer, avec une foi instinctive dans un avenir plein de promesses.

Nous allons donc voir se peupler nos immenses territoires du Nord-Ouest, à peu près inconnus il y a dix ans. C’est un fait dont on ne peut se dissimuler l’importance dans une confédération comme la nôtre. Quels sont les desseins de la Providence en ouvrant au monde ces plaines fécondes, et quels secrets destins y poussent les descendants des vieilles races de l’Europe ?

La colonisation de l’ouest de l’Amérique du Nord a quelque chose de prodigieux. Un puissant courant d’émigration conduit des populations toutes formées dans ces contrées que la sagesse éternelle semble avoir préparées à une colonisation rapide. Les Sauvages, sans cesse refoulés, disparaissent. De grandes villes surgissent là où ne se