Page:Collectif - Revue canadienne, Tome 1 Vol 17, 1881.djvu/389

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LA DÉCOUVERTE DU MISSISSIPI.


M. Gabriel Gravier, de Rouen, historien et chercheur des plus experts, vient de publier une brochure, accompagnée d’une carte restée jusqu’ici inconnue — laquelle carte est de la main de Louis Jolliet. C’est une page nouvelle dans nos annales.

Nous ne traiterons pas du sujet principal dont s’occupe notre ami M. Gravier dans plusieurs de ses ouvrages — il croit que la découverte du Mississipi est due autant, et plus, à Cavelier de la Salle qu’à Jolliet et Marquette. Un volume ne suffirait pas pour exposer la question sous toutes ses faces.

Nous nous placerons à un autre point de vue en parlant de cet évènement qu’il est impossible d’attribuer tout entier à un seul homme.

Lorsque le Père Marquette et Louis Jolliet furent chargés (1673) par le gouverneur-général de reconnaître le cours du Mississipi, les instructions qu’ils reçurent dénotent clairement que le grand fleuve du sud jouissait déjà d’une réputation toute faite parmi les Canadiens. Il y avait trente-neuf ans que nos gens le fréquentaient et que les Sauvages de ces régions lointaines commerçaient avec nos postes, le long des lacs, et, parfois, jusqu’à Montréal et aux Trois-Rivières. [1]

Marquette et Jolliet passèrent à la baie Verte du lac Michigan, traversèrent des contrées bien connues, descendirent le Mississipi et atteignirent des villages dont les habitants ne paraissaient pas avoir une connaissance pratique des Français. Cette fois ils étaient en dehors du déjà vu.

Vers le même temps, la Salle est signalé sur l’Ontario. Qu’il ait visité le Mississipi pour son compte ou celui de ses compatriotes, en passant par la rivière Ohio, ou autrement, dès 1669 ou 1672, il n’a rien accompli de mieux que les

  1. Voir Revue Canadienne, 1878, p. 16 ; 1879, p. 187, 250-51. 255-57.