Page:Collin de Plancy - Les contes noirs - T2.djvu/14

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d’abord manger une avant de me mettre en route ; j’y trouverai peut-être des forces ...... »

En même temps, il avala la première pastille, qui lui sembla délicieuse, et il commença à marcher. Chemin faisant, il ne put s’empêcher d’en manger deux autres ; et s*il ne fit pas un plus grand dégât dans la boîte, c’est qu’il se piquait d’être fort sobre. Il avança raisonnablement sa route ce jour-là, et passa la nuit au pied d’un arbre qui se rencontra à propos sur le bord du sentier qu’il suivait.

Le second jour, il ouvrit la boîte, et eut toutes les peines du monde à s’empêcher d’avaler plus de cinq pastilles. Le troisième jour, il mangea les sept autres, prétendant qu’il marcherait mieux, lorsqu’il n’aurait plus sur soi ce sujet de tentation, et qu’elles seraient aussi-bien dans son ventre que dans sa poche.