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PERDRIX ET AUTRES OISEAUX TERRESTRES

oiseaux. Chez ceux qui avaient été abattus avant le 15 novembre, je trouvai, plus ou moins accentuée, la même coloration, que chez les spécimens qui avaient été présentés, mais après cette date, les primaires passaient graduellement au blanc, et dans bon nombre de cas, seuls les tuyaux étaient blancs.

Au cours des deux dernières migrations, prenant les meilleures, celles de 1895 et de 1904, je m’occupai de trouver d’aussi près que possible, le nombre de perdrix qui avaient été abattues entre certains points de la côte. Durant la première de ces deux années, entre Mingan et Godbout, c’est-à-dire 175 (cent soixante-et-quinze ) milles de côte, on en avait abattu trente mille, et en 1904, quatorze mille, mais je suis sûr qu’en 1885, on en a tué ou pris au collet près de soixante mille. Quand les oiseaux se mettent à prendre leur vol, hommes, femmes et enfants, tous ceux qui peuvent porter un fusil, partent en campagne. Pour éviter les accidents, qui sont très rares, du reste, chaque tireur occupe un certain poste ou une certaine position et tire de là sur tous les oiseaux qui passent ou s’arrêtent dans le voisinage. Les femmes guettent ceux qui peuvent venir se jucher près des maisons. Les carnassières varient, bien entendu suivant l’adresse et les méthodes du chasseur. S’il se met à l’affût dans un but de commerce, il prendra tous les pot shots. Il peut, assez souvent, en faire tomber cinq ou six d’un seul coup de fusil. J’en ai vue jusqu’à quatorze tués d’un seul coup. Quelques-uns tireront seulement au vol, et c’est un fait qu’en bien des occasions, le chasseur au vol arrive bon premier.

Le plus considérable abatis de perdrix au vol, qu’il m’ait jamais été donné de faire, fut (en 1885) de quatre-vingt-deux couples en un seul matin.