Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 001, 1835.djvu/203

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ceux des astronomes les plus zélés, les plus scrupuleux et les plus habiles de notre époque.

Physique.Sur la conductibilité électrique ; par M. Peltier.

Dans un Mémoire lu à la Société royale de Gottingue, le 14 février dernier, M. Gauss avance, avec M. Ohm, que les fils métalliques opposent au passage des courans électriques une résistance qui est toujours directement proportionnelle à leur longueur, et inversement proportionnelle à la surface de leur section transversale. Cette assertion et les diverses tables qui ont été données de la conductibilité électrique, font l’objet de la note de M. Peltier.

Après avoir rappelé la grande variété de résultats obtenus par les physiciens, M. Peltier avance qu’il faut chercher la cause de ces discordances dans l’espèce d’électro-moteur employé. Suivant l’auteur, c’est là le principal élément du phénomène, et si on l’a oublié, c’est qu’on était fasciné par les hypothèses reçues sur l’origine de l’électricité. « Dès l’instant, dit-il, que tous les effets électriques furent le produit de l’action d’un ou de deux fluides spéciaux, il fallut placer ces fluides dans les corps, les y enchaîner avec des puissances actives ou virtuelles, selon le besoin ; il fallut douer les corps eux-mêmes d’aptitudes différentes pour les contenir ou leur livrer passage. Ces hypothèses n’ayant pas suffi pour expliquer tous les faits dont la science s’est dernièrement enrichie, on a eu recours à des ondes électriques, imitation des ondes lumineuses ; mais tout cela n’a fait que déplacer la difficulté, puisqu’il faudrait loger et conserver les ondes comme il fallait loger et conserver les fluides. » Ainsi, d’après M. Peltier c’est de la création imaginaire des fluides électriques spéciaux et permanens, que sont venues de fausses idées sur des écoulemens plus ou moins faciles. Pour prouver que les faits ne se prêtent pas aux formules, M. Peltier joint à sa lettre les tableaux suivans. Ces tableaux démontrent, en effet, qu’il y a de très grandes différences entre les pertes éprouvées par un courant qui traverse diverses longueurs d’un même fil, selon l’espèce d’électro-moteur employé, et même selon la température du même électro-moteur.