Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 001, 1835.djvu/337

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avant, mais toujours dans le sens du diamètre transversal, c’est-à-dire suivant une ligne perpendiculaire à la longueur de la patte. Les saccades par lesquelles se manifeste ce mouvement paraissent au premier abord régulières, mais, par une attention soutenue, on peut se convaincre qu’elles ne sont pas séparées par des intervalles égaux, et que parfois elles se suspendent tout-à-fait momentanément. Il n’y a là rien qui ressemble à une pulsation : c’est plutôt un mode d’oscillation, ou mieux une sorte de frémissement subintermittent. Vers l’origine de la jambe, le mouvement est vague, presque tumultueux, et représente un état de spasme. Il ne semble pas franchir l’articulation fémoro-tibiale, et à peine distingue-t-on au bord interne du bout correspondant de la cuisse, un obscur frémissement.

» Quel qu’ait été le degré de grossissement de ma lentille microscopique, je n’ai jamais reconnu la présence d’aucun liquide, d’aucun globule obéissant à une force impulsive. Je n’ai point surtout, malgré une patience dès long-temps éprouvée, aperçu la moindre trace des deux courans contraires que M. Behn dit avoir constatés. Ce savant s’en serait-il laissé imposer par quelques mouvemens fibrillaires, ou par une sorte de disposition un peu rétrograde du tissu palpitant qui avoisine l’articulation fémoro-tibiale, ou bien cela tient-il à l’habileté ou au bonheur de l’expérimentateur ? Judicent peritiores !

» Maintenant que nous sommes d’accord sur l’existence d’un mouvement spontané dans l’intérieur des pattes de la corise, il se présente deux questions capitales, l’une anatomique, l’autre physiologique :

» 1o. Quelle est la nature de l’organe qui produit le mouvement ?

» 2o. Ce mouvement se rattache-t-il à une fonction circulatoire ?

» Ma réponse sera collective et explicite. L’organe est un tissu contractile, musculaire, et le mouvement qui en est l’expression fonctionnelle, est étranger à tout acte circulatoire.

» Si les mouvemens contractiles sont plus prononcés dans les pattes postérieures, moins dans les antérieures, et moins encore dans les intermédiaires, vous en trouverez précisément les raisons dans le degré comparatif de force et de mobilité de ces pattes. Ainsi, dans la corise, insecte essentiellement aquatique, et destiné à être presque toujours suspendu entre deux eaux, les pattes de derrière, exclusivement natatoires, font l’office de rames par leur forme aplatie, leur longueur, leur faculté à se placer en balanciers. Elles servent de nageoires, par les innombrables soies qui garnissent la jambe ainsi que le tarse, et qui sont suscep-